🔄 Article actualisé — septembre 2026
Publié fin 2022, cet article anticipait un projet qui n'a pas été adopté tel quel. Il a été réécrit pour refléter la réforme réellement votée (loi du 14 avril 2023) et sa suspension depuis le 1er septembre 2026.
Fin 2022, le gouvernement d'Élisabeth Borne préparait une réforme des retraites et plusieurs pistes circulaient, dont un recul de l'âge légal jusqu'à 65 ans. Ce scénario n'a finalement pas été retenu. La réforme a été adoptée au printemps 2023 (recours à l'article 49.3), puis suspendue en 2026. Voici, concrètement, ce qui a changé et ce qui s'applique réellement à vous aujourd'hui.
Ce que la réforme de 2023 a réellement changé
Contrairement au projet initial évoquant 65 ans, la loi du 14 avril 2023 a retenu des mesures sensiblement différentes :
- Un âge légal relevé de 62 à 64 ans (et non 65), de façon progressive, à raison de 3 mois par génération à compter du 1er septembre 2023.
- 43 années de cotisation (172 trimestres) exigées pour une retraite à taux plein, dès la génération 1965 — un calendrier accéléré par rapport à la réforme Touraine.
- Le maintien de l'âge du taux plein automatique à 67 ans, qui annule la décote quel que soit le nombre de trimestres.
- Une pension minimale portée à environ 85 % du SMIC pour une carrière complète, soit près de 1 200 € brut par mois.
- La fermeture de la plupart des régimes spéciaux aux nouveaux embauchés (clause dite « du grand-père »).
Les départs anticipés ont été préservés
La réforme n'a pas supprimé les dispositifs permettant de partir avant l'âge légal. Ils restent ouverts et concernent de nombreux assurés :
- Carrières longues : départ possible dès 58, 60, 62 ou 63 ans selon l'âge de début d'activité, sous condition de trimestres.
- Invalidité et inaptitude : départ à 62 ans, au taux plein.
- Travailleurs handicapés : départ anticipé possible dès 55 ans.
- Pénibilité : droits renforcés via le compte professionnel de prévention (C2P).
La réforme est suspendue depuis septembre 2026
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu le relèvement de l'âge légal. Concrètement, il reste figé à 62 ans et 9 mois jusqu'au 31 décembre 2027, au lieu de poursuivre sa montée vers 64 ans. Les assurés nés entre 1964 et 1968 peuvent donc partir plus tôt que ce que la réforme prévoyait. Attention : il s'agit d'une suspension, pas d'une abrogation. Sauf nouvelle loi, la trajectoire vers 64 ans reprendrait au 1er janvier 2028 — l'incertitude politique reste forte sur ce point.
Et le malus Agirc-Arrco ?
À l'époque de la publication, un « coefficient de solidarité » minorait de 10 % la retraite complémentaire pendant 3 ans en cas de départ dès l'obtention du taux plein. Ce malus a depuis été supprimé : il ne s'applique plus aux nouveaux retraités du régime Agirc-Arrco, et les minorations déjà appliquées ont cessé.
À quel âge pourrez-vous partir ?
Votre âge de départ réel dépend de votre année de naissance et de votre carrière (nombre de trimestres, carrière longue, invalidité, handicap…). Avec la suspension en cours, beaucoup d'assurés gagnent quelques mois. Pour connaître votre situation précise, consultez notre dossier complet Suspension de la réforme des retraites, ou faites le point en 1 heure avec un conseiller retraite indépendant.
Questions fréquentes
L'âge de départ est-il vraiment de 64 ans en 2026 ?
Non. En raison de la suspension, l'âge légal est figé à 62 ans et 9 mois jusqu'à fin 2027. Les 64 ans ne s'appliquent pas pour l'instant.
La réforme des retraites est-elle annulée ?
Non. Elle est suspendue, pas abrogée. En l'absence de nouvelle loi, le relèvement de l'âge doit reprendre au 1er janvier 2028.
Faut-il revoir sa date de départ ?
Souvent, oui : la suspension peut avancer votre départ de quelques mois. Un point personnalisé permet de vérifier votre meilleure date.


